Pavots  -   Léo Sexer, Martine Papiernik Info

 

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Séquence 1

Je dois entrer dans le labyrinthe, le bunker, le monument, le musée du monde qui se traîne et qui va mourir. Je veux entrer dans le ventre infécond de l’architecte. Pas de porte ni d’escalier qui me permette d’y pénétrer. Des pilotis fragiles qui un jour tomberont entre les mains des archéologues qui ne verront que la surface rouillée du monde. Des murs droits et lisses, des passerelles à des hauteurs vertigineuses, où même les oiseaux n’ont pas envie de se poser. Des rails qui ne mènent nulle part, comme un moment figé d’une histoire. Pas de wagons sur ces rails. Ils sont depuis longtemps partis en poussière avec les hommes qu’ils devaient transporter. Les fenêtres noires sont-elles faites pour des yeux qui regardent le ciel, ou juste des leurres qui attirent les esprits jetés dans les tourments de l’absence et du rejet ? Vapeurs qui circulent dans des canalisations qui ne mènent nulle part. Je me laisse entraîner, aspirée par les larges cheminés tournées vers la terre, qui ne savent plus regarder le ciel. Déshumanisation, désadaptation, désagrégation, désamour.
Le labyrinthe est vide. Le flux d’air me conduit, et je me laisse emporter, accompagnée par la musique improvisée par le vent et la vapeur dans les tuyaux inutiles.
Pas de repos dans le ventre de l’architecte.

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Séquence 1

Je dois entrer dans le labyrinthe, le bunker, le monument, le musée du monde qui se traîne et qui va mourir. Je veux entrer dans le ventre infécond de l’architecte. Pas de porte ni d’escalier qui me permette d’y pénétrer. Des pilotis fragiles qui un jour tomberont entre les mains des archéologues qui ne verront que la surface rouillée du monde. Des murs droits et lisses, des passerelles à des hauteurs vertigineuses, où même les oiseaux n’ont pas envie de se poser. Des rails qui ne mènent nulle part, comme un moment figé d’une histoire. Pas de wagons sur ces rails. Ils sont depuis longtemps partis en poussière avec les hommes qu’ils devaient transporter. Les fenêtres noires sont-elles faites pour des yeux qui regardent le ciel, ou juste des leurres qui attirent les esprits jetés dans les tourments de l’absence et du rejet ? Vapeurs qui circulent dans des canalisations qui ne mènent nulle part. Je me laisse entraîner, aspirée par les larges cheminés tournées vers la terre, qui ne savent plus regarder le ciel. Déshumanisation, désadaptation, désagrégation, désamour.
Le labyrinthe est vide. Le flux d’air me conduit, et je me laisse emporter, accompagnée par la musique improvisée par le vent et la vapeur dans les tuyaux inutiles.
Pas de repos dans le ventre de l’architecte.

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