La Chronique  -   Chem Assayag Info

 

La Chronique

J’entends le galop des chevaux ; ils doivent être proches maintenant.
Peut-être cette fois aurais-je une monture et je ne serais pas obligée de me coller à un soldat qui sent mauvais et cherche sans cesse à saisir mes cuisses pour les tripoter et m’humilier. Je ne veux pas y penser. Ils vont arriver et je ne sais que faire, je ne sais pas comment je vais pouvoir échapper à ces longues journées où je suis immobile, dans cette atmosphère confinée, les bras qui tirent et les jambes lourdes de ne pouvoir explorer l’espace. Je ne sais comment éviter l’enfermement qui va bientôt surgir sur le seuil.
Le bruit est à ma porte maintenant, animal leste et mauvais qui a reniflé mon malheur. Ils vont frapper les cinq coups, et mon sort sera scellé.

Ils étaient trois, trois soldats. Ils portaient l’uniforme léger du royaume, avec cet étrange tablier en cuir qui leur faisait comme une jupe courte jusqu’aux genoux et de loin pouvait faire croire qu’on apercevait des femmes. Immédiatement elle en reconnut deux qui étaient déjà venus la chercher quelques mois auparavant ; l’un deux lui avait longuement souri et elle s’en souvint.
Elle jeta un coup d’œil rapide sur les chevaux qu’ils avaient attachés plus loin, au tronc d’un arbre aux branches innombrables et au feuillage protecteur ; elle les compta et constata avec une rage sourde qu’aucune monture n’était prévue pour elle. Elle le leur fit remarquer sans cacher en quoi que ce soit son dépit. Ils lui répondirent que c’était ainsi, qu’elle n’avait pas le choix et qu’elle partagerait un cheval à tour de rôle avec chacun des soldats. C’était déjà beaucoup et elle devait s’estimer chanceuse qu’ils ne la fassent pas trotter à leurs côtés. C’était ainsi.

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J’entends le galop des chevaux ; ils doivent être proches maintenant.
Peut-être cette fois aurais-je une monture et je ne serais pas obligée de me coller à un soldat qui sent mauvais et cherche sans cesse à saisir mes cuisses pour les tripoter et m’humilier. Je ne veux pas y penser. Ils vont arriver et je ne sais que faire, je ne sais pas comment je vais pouvoir échapper à ces longues journées où je suis immobile, dans cette atmosphère confinée, les bras qui tirent et les jambes lourdes de ne pouvoir explorer l’espace. Je ne sais comment éviter l’enfermement qui va bientôt surgir sur le seuil.
Le bruit est à ma porte maintenant, animal leste et mauvais qui a reniflé mon malheur. Ils vont frapper les cinq coups, et mon sort sera scellé.

Ils étaient trois, trois soldats. Ils portaient l’uniforme léger du royaume, avec cet étrange tablier en cuir qui leur faisait comme une jupe courte jusqu’aux genoux et de loin pouvait faire croire qu’on apercevait des femmes. Immédiatement elle en reconnut deux qui étaient déjà venus la chercher quelques mois auparavant ; l’un deux lui avait longuement souri et elle s’en souvint.
Elle jeta un coup d’œil rapide sur les chevaux qu’ils avaient attachés plus loin, au tronc d’un arbre aux branches innombrables et au feuillage protecteur ; elle les compta et constata avec une rage sourde qu’aucune monture n’était prévue pour elle. Elle le leur fit remarquer sans cacher en quoi que ce soit son dépit. Ils lui répondirent que c’était ainsi, qu’elle n’avait pas le choix et qu’elle partagerait un cheval à tour de rôle avec chacun des soldats. C’était déjà beaucoup et elle devait s’estimer chanceuse qu’ils ne la fassent pas trotter à leurs côtés. C’était ainsi.

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