La honte  -   Philippe Graven Info

 

Il est assis derrière son bureau. Ou plutôt, il trône. C’est cela. Majestueusement installé dans un fauteuil de cuir, il trône derrière un bureau d’un style indéfinissable ou du moins qu’il ne reconnaît pas, mais il n’est pas expert en meubles anciens. Un grand bureau, quoi qu’il en soit, comme il sied à Sa Magnificence.
Aux parois de la pièce lambrissée de chêne sont suspendus les portraits, noircis par les ans, de barbons solennels dont les noms et les titres sont gravés sur d’indéchiffrables plaquettes de cuivre oxydé. L’incurie des nettoyeuses lui semble une insulte aux glorieux ancêtres qui le compteront sans doute un jour parmi eux.
Des dossiers de tailles et de couleurs variées s’amoncellent sur un coin du bureau, soigneusement étiquetés par la secrétaire particulière, une vieille fille à tête de musaraigne que chacun surnomme, Dieu sait pourquoi, Cacahuète. Lui, qui n’est pas encore tout à fait Dieu malgré la toge, l’épitoge et le mortier, le sait d’autant moins qu’il vient d’accéder à sa nouvelle fonction.
Une demi-heure à peine le sépare de la cérémonie d’intronisation qu’immortaliseront une nuée de photographes.
Dans vingt-sept minutes exactement, un huissier porteur de la masse d’argent escortera Sa Magnificence en tenue d’apparat jusqu’à l’Aula Massima de l’Académie, où le Recteur fraîchement élu prononcera son discours inaugural.
Conformément au protocole séculaire, les représentants des corps constitués occuperont la première travée. Derrière eux se pressera une foule de collègues bienveillants, jaloux ou somnolents, et il se pourrait même, les cours étant suspendus, qu’une poignée d’étudiants désœuvrés garnissent les derniers rangs.
Vingt-sept minutes lui suffiront pour repasser mentalement un texte qu’il connaît déjà par cœur. Prudent, il griffonne néanmoins quelques repères sur une page de bloc, pour le cas où l’émotion jouerait un vilain tour à sa mémoire.
Il en est ainsi à dresser une liste de mots-clés lorsqu’un léger coup frappé à la porte annonce l’entrée de Cacahuète.
- Votre Magnificence, j’ai dans mon bureau un certain Monsieur Lerat qui demande à être reçu d’urgence.
- Vous voyez bien que je n’en ai pas le temps, la cérémonie commence dans vingt minutes.
- C’est à propos de la cérémonie, justement. Cette personne vous est envoyée par le ministre.
- Diable ! C’est bon, qu’il vienne, mais avertissez-le que je ne peux lui consacrer que quelques instants.
Cacahuète introduit un nabot grisonnant porteur d’un lorgnon et d’une serviette rebondie.
- Alphonse Lerat, Directeur des Archives au ministère de l’Education, déclare-t-il sèchement d’une voix haut perchée, sans s’incliner ni saisir la main que lui tend Sa Magnificence.
- Qu’est-ce qui me vaut l’honneur de votre visite ? s’enquiert le Recteur, désarçonné par tant de malséance.
- La cérémonie ne peut avoir lieu, décrète le fonctionnaire comme s’il n’avait pas entendu.
- Ne peut avoir lieu ? Mais que se passe-t-il donc ? Le Président de la République serait-il mort ?
Une fois encore, le petit bonhomme ne répond pas directement.
- Conformément à l’article 8 du Règlement du 17 décembre 1928, le ministère passe au crible le curriculum des nouveaux recteurs. Or l’examen des procès-verbaux conservés dans mon service révèle une erreur dans l’addition des notes que vous avez obtenues au baccalauréat. Vous avez été crédité d’un point de trop, en l’absence duquel vous eussiez échoué. Voyez vous-même, fait-il en extrayant de sa serviette une feuille jaunie qu’il tend à Sa Magnificence.
- En effet, concède le Recteur, mais je ne vois pas en quoi...
- C’est pourtant simple, explique Lerat sur le ton de l’évidence. Vous n’êtes pas titulaire du baccalauréat et vous ne pouviez donc valablement ni vous inscrire en faculté, ni vous présenter aux examens de la licence. Faute d’être licencié en bonne et due forme, l’accès à l’agrégation, puis au doctorat, vous était naturellement fermé ; vous ne pouviez légalement être nommé professeur à l’Académie, moins encore être élu recteur. En d’autres termes, votre cursus est entaché d’un vice originel qui entraîne la nullité de tous vos grades et titres. Voilà pourquoi la cérémonie ne peut avoir lieu. Heureusement que je suis arrivé à temps pour vous sauver du ridicule.
- Mais enfin, Monsieur le Directeur, j’ai brillamment obtenu ma licence, je suis sorti premier au concours de l’agrégation et j’ai été reçu docteur avec les félicitations du jury. Depuis lors, mes travaux m’ont valu une certaine notoriété dans les milieux scientifiques. Je ne puis croire qu’une banale erreur de calcul dont je ne suis pas responsable puisse remettre toute une vie en cause.
- Il n’est pas question de vos mérites ni de votre vie, il est question d’informalités. Formellement, vous n’êtes titulaire que du certificat d’études primaires.
“Ce bonhomme est fou, ou c’est moi qui le deviens”, songe le Recteur, abasourdi par cette version renouvelée de Tout va très bien, Madame la Marquise.
- Allons, Monsieur le Directeur, cette histoire est absurde. J’ai échoué au baccalauréat, je vous en donne acte, mais de très peu et il y a bien longtemps. Rions-en tous les deux, tenez compte de ma bonne foi et passez l’éponge !
- Je ne vois rien de risible à votre situation, rétorque sévèrement le nabot. L’article 19 de la loi du 4 février 1927, complété par la circulaire du 9 juillet 1955, nous oblige à rectifier de telles erreurs et à en tirer toutes les conséquences. J’ai bien dit : toutes. D’ailleurs, lisez !
Connaissance prise d’une liasse de textes officiels photocopiés, Sa Magnificence est atterrée. Puis lui vient à l’esprit un argument décisif.
- Soit ! Mais l’informalité imputable à vos services date de quarante ans, elle ne peut certainement plus être corrigée maintenant. Il y a prescription !
- Les documents que vous venez de consulter en font-ils mention, Monsieur le certifié ?
- Non, mais il me paraît aller de soi. ..
- Détrompez-vous ! Ces erreurs peuvent et doivent être corrigées en tout temps. Souhaitez-vous lire les dispositions relatives à l’imprescribilité ou me croyez-vous sur parole ?
- Je vous crois, murmure le Recteur, accablé.
Il jette un coup d’œil furtif à sa montre et constate avec stupéfaction que trois minutes seulement se sont écoulées depuis le début de l’entretien.
- Le moment approche, Martineau, vous devez vous décider, observe Lerat qui a surpris son geste.
- Décider quoi ? Je n’entrevois pas de solution...
- Il en existe pourtant. Vous pouvez par exemple repartir de zéro et vous présenter au baccalauréat, suggère le directeur d’un air des plus sérieux.
- Vous plaisantez ? Je serais certainement incapable de le réussir. Et quand bien même ? Devrais-je aussi repasser les examens de la licence, le concours de l’agrégation, et récrire une thèse de doctorat ?
- Un compromis ne serait pas exclu. Si vous étiez bachelier, nous pourrions valider a posteriori la suite de votre curriculum. Les règlements ne s’y opposent pas formellement.
Le certifié Martineau s’abîme en réflexions. Il ne conçoit pas de se replonger à son âge dans le grec et le latin, les sinus et les cosinus, les valences, l’optique ou la cosmographie. Sans compter les nouveaux domaines maintenant inscrits au programme. Pour ne rien dire non plus des bouleversements que les matières classiques ont connus depuis quarante ans. Ainsi la carte de l’Afrique, de son temps...
- Non, Monsieur le Directeur, je n’y arriverai pas.
- Très bien ! Il ne vous reste qu’à démissionner en invoquant des raisons de santé. Le ministère, soyez-en sûr, saura récompenser le silence que vous garderez sur cette affaire dont la révélation ne profiterait à personne. Désirez-vous annoncer vous-même votre démission ou préférez-vous que je m’en charge ?
- Je l’annoncerai moi-même.
Les deux hommes attendent en silence l’arrivée de l’huissier.
- Allons-y, soupire le certifié après un ultime regard sur la galerie de portraits où le sien ne figurera jamais.
L’Aula bourdonne de saluts échangés et de conversations lorsque le nouvel élu gravit à pas lents les trois marches du podium, mais le bruissement, loin de s’éteindre, s’amplifie tandis que Sa Magnificence contemple l’auditoire. Oui, le bruissement s’amplifie, se précise, s’accompagne de sourires narquois et de rires à peine étouffés. Bientôt, on perçoit distinctement Imposteur, Même pas bachelier, Usurpateur, Scandale, Charlatan...
D’abord paralysé, près de la syncope, l’œil vague, un rictus aux lèvres, Sa Magnificence fuit sous les huées de l’assistance.
D’habitude, à cet instant du cauchemar qui le poursuivait depuis l’annonce de sa candidature au rectorat, le professeur Martineau se réveillait suant d’angoisse, haletant, le cœur fou, en apnée, au bord de l’asphyxie ...

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Il est assis derrière son bureau. Ou plutôt, il trône. C’est cela. Majestueusement installé dans un fauteuil de cuir, il trône derrière un bureau d’un style indéfinissable ou du moins qu’il ne reconnaît pas, mais il n’est pas expert en meubles anciens. Un grand bureau, quoi qu’il en soit, comme il sied à Sa Magnificence.
Aux parois de la pièce lambrissée de chêne sont suspendus les portraits, noircis par les ans, de barbons solennels dont les noms et les titres sont gravés sur d’indéchiffrables plaquettes de cuivre oxydé. L’incurie des nettoyeuses lui semble une insulte aux glorieux ancêtres qui le compteront sans doute un jour parmi eux.
Des dossiers de tailles et de couleurs variées s’amoncellent sur un coin du bureau, soigneusement étiquetés par la secrétaire particulière, une vieille fille à tête de musaraigne que chacun surnomme, Dieu sait pourquoi, Cacahuète. Lui, qui n’est pas encore tout à fait Dieu malgré la toge, l’épitoge et le mortier, le sait d’autant moins qu’il vient d’accéder à sa nouvelle fonction.
Une demi-heure à peine le sépare de la cérémonie d’intronisation qu’immortaliseront une nuée de photographes.
Dans vingt-sept minutes exactement, un huissier porteur de la masse d’argent escortera Sa Magnificence en tenue d’apparat jusqu’à l’Aula Massima de l’Académie, où le Recteur fraîchement élu prononcera son discours inaugural.
Conformément au protocole séculaire, les représentants des corps constitués occuperont la première travée. Derrière eux se pressera une foule de collègues bienveillants, jaloux ou somnolents, et il se pourrait même, les cours étant suspendus, qu’une poignée d’étudiants désœuvrés garnissent les derniers rangs.
Vingt-sept minutes lui suffiront pour repasser mentalement un texte qu’il connaît déjà par cœur. Prudent, il griffonne néanmoins quelques repères sur une page de bloc, pour le cas où l’émotion jouerait un vilain tour à sa mémoire.
Il en est ainsi à dresser une liste de mots-clés lorsqu’un léger coup frappé à la porte annonce l’entrée de Cacahuète.
- Votre Magnificence, j’ai dans mon bureau un certain Monsieur Lerat qui demande à être reçu d’urgence.
- Vous voyez bien que je n’en ai pas le temps, la cérémonie commence dans vingt minutes.
- C’est à propos de la cérémonie, justement. Cette personne vous est envoyée par le ministre.
- Diable ! C’est bon, qu’il vienne, mais avertissez-le que je ne peux lui consacrer que quelques instants.
Cacahuète introduit un nabot grisonnant porteur d’un lorgnon et d’une serviette rebondie.
- Alphonse Lerat, Directeur des Archives au ministère de l’Education, déclare-t-il sèchement d’une voix haut perchée, sans s’incliner ni saisir la main que lui tend Sa Magnificence.
- Qu’est-ce qui me vaut l’honneur de votre visite ? s’enquiert le Recteur, désarçonné par tant de malséance.
- La cérémonie ne peut avoir lieu, décrète le fonctionnaire comme s’il n’avait pas entendu.
- Ne peut avoir lieu ? Mais que se passe-t-il donc ? Le Président de la République serait-il mort ?
Une fois encore, le petit bonhomme ne répond pas directement.
- Conformément à l’article 8 du Règlement du 17 décembre 1928, le ministère passe au crible le curriculum des nouveaux recteurs. Or l’examen des procès-verbaux conservés dans mon service révèle une erreur dans l’addition des notes que vous avez obtenues au baccalauréat. Vous avez été crédité d’un point de trop, en l’absence duquel vous eussiez échoué. Voyez vous-même, fait-il en extrayant de sa serviette une feuille jaunie qu’il tend à Sa Magnificence.
- En effet, concède le Recteur, mais je ne vois pas en quoi...
- C’est pourtant simple, explique Lerat sur le ton de l’évidence. Vous n’êtes pas titulaire du baccalauréat et vous ne pouviez donc valablement ni vous inscrire en faculté, ni vous présenter aux examens de la licence. Faute d’être licencié en bonne et due forme, l’accès à l’agrégation, puis au doctorat, vous était naturellement fermé ; vous ne pouviez légalement être nommé professeur à l’Académie, moins encore être élu recteur. En d’autres termes, votre cursus est entaché d’un vice originel qui entraîne la nullité de tous vos grades et titres. Voilà pourquoi la cérémonie ne peut avoir lieu. Heureusement que je suis arrivé à temps pour vous sauver du ridicule.
- Mais enfin, Monsieur le Directeur, j’ai brillamment obtenu ma licence, je suis sorti premier au concours de l’agrégation et j’ai été reçu docteur avec les félicitations du jury. Depuis lors, mes travaux m’ont valu une certaine notoriété dans les milieux scientifiques. Je ne puis croire qu’une banale erreur de calcul dont je ne suis pas responsable puisse remettre toute une vie en cause.
- Il n’est pas question de vos mérites ni de votre vie, il est question d’informalités. Formellement, vous n’êtes titulaire que du certificat d’études primaires.
“Ce bonhomme est fou, ou c’est moi qui le deviens”, songe le Recteur, abasourdi par cette version renouvelée de Tout va très bien, Madame la Marquise.
- Allons, Monsieur le Directeur, cette histoire est absurde. J’ai échoué au baccalauréat, je vous en donne acte, mais de très peu et il y a bien longtemps. Rions-en tous les deux, tenez compte de ma bonne foi et passez l’éponge !
- Je ne vois rien de risible à votre situation, rétorque sévèrement le nabot. L’article 19 de la loi du 4 février 1927, complété par la circulaire du 9 juillet 1955, nous oblige à rectifier de telles erreurs et à en tirer toutes les conséquences. J’ai bien dit : toutes. D’ailleurs, lisez !
Connaissance prise d’une liasse de textes officiels photocopiés, Sa Magnificence est atterrée. Puis lui vient à l’esprit un argument décisif.
- Soit ! Mais l’informalité imputable à vos services date de quarante ans, elle ne peut certainement plus être corrigée maintenant. Il y a prescription !
- Les documents que vous venez de consulter en font-ils mention, Monsieur le certifié ?
- Non, mais il me paraît aller de soi. ..
- Détrompez-vous ! Ces erreurs peuvent et doivent être corrigées en tout temps. Souhaitez-vous lire les dispositions relatives à l’imprescribilité ou me croyez-vous sur parole ?
- Je vous crois, murmure le Recteur, accablé.
Il jette un coup d’œil furtif à sa montre et constate avec stupéfaction que trois minutes seulement se sont écoulées depuis le début de l’entretien.
- Le moment approche, Martineau, vous devez vous décider, observe Lerat qui a surpris son geste.
- Décider quoi ? Je n’entrevois pas de solution...
- Il en existe pourtant. Vous pouvez par exemple repartir de zéro et vous présenter au baccalauréat, suggère le directeur d’un air des plus sérieux.
- Vous plaisantez ? Je serais certainement incapable de le réussir. Et quand bien même ? Devrais-je aussi repasser les examens de la licence, le concours de l’agrégation, et récrire une thèse de doctorat ?
- Un compromis ne serait pas exclu. Si vous étiez bachelier, nous pourrions valider a posteriori la suite de votre curriculum. Les règlements ne s’y opposent pas formellement.
Le certifié Martineau s’abîme en réflexions. Il ne conçoit pas de se replonger à son âge dans le grec et le latin, les sinus et les cosinus, les valences, l’optique ou la cosmographie. Sans compter les nouveaux domaines maintenant inscrits au programme. Pour ne rien dire non plus des bouleversements que les matières classiques ont connus depuis quarante ans. Ainsi la carte de l’Afrique, de son temps...
- Non, Monsieur le Directeur, je n’y arriverai pas.
- Très bien ! Il ne vous reste qu’à démissionner en invoquant des raisons de santé. Le ministère, soyez-en sûr, saura récompenser le silence que vous garderez sur cette affaire dont la révélation ne profiterait à personne. Désirez-vous annoncer vous-même votre démission ou préférez-vous que je m’en charge ?
- Je l’annoncerai moi-même.
Les deux hommes attendent en silence l’arrivée de l’huissier.
- Allons-y, soupire le certifié après un ultime regard sur la galerie de portraits où le sien ne figurera jamais.
L’Aula bourdonne de saluts échangés et de conversations lorsque le nouvel élu gravit à pas lents les trois marches du podium, mais le bruissement, loin de s’éteindre, s’amplifie tandis que Sa Magnificence contemple l’auditoire. Oui, le bruissement s’amplifie, se précise, s’accompagne de sourires narquois et de rires à peine étouffés. Bientôt, on perçoit distinctement Imposteur, Même pas bachelier, Usurpateur, Scandale, Charlatan...
D’abord paralysé, près de la syncope, l’œil vague, un rictus aux lèvres, Sa Magnificence fuit sous les huées de l’assistance.
D’habitude, à cet instant du cauchemar qui le poursuivait depuis l’annonce de sa candidature au rectorat, le professeur Martineau se réveillait suant d’angoisse, haletant, le cœur fou, en apnée, au bord de l’asphyxie ...

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