En cherchant Doumka  -   Margarita Carteron Info

 

Après avoir marché quatre jours à-travers des flancs de montagnes, le voyageur n’arriva toujours pas à distinguer de ville. Il continua deux jours de plus sur les coteaux, entre les cols et les marais et aperçut des constructions agglomérées de manière incohérente et disharmonieuse dans le ravin de ce qui semblait être un lac desséché. Il y descendit avec l’une des cordes attachées à des bittes d’amarrage. C’était une ville en forme de puits. Le soleil n’y pénétrait qu’à son zénith, et la nature n’arrivait pas à suivre l’astre. Ces gens sont déjà morts, pensa le voyageur, ils se sont enterrés eux-mêmes.

Les habitants, surpris par la présence d’un étranger, l’entourèrent et le questionnèrent.
— Je viens d’une ville détruite, je suis soldat.
— Alors tu as fait cette guerre. C’est pour cela que nous nous sommes installés ici, nous avons construit cette ville comme une tranchée, toutes les autres n’existent plus. Où vas-tu maintenant ? Demandèrent les survivants.
— Je m’éloigne de Doumka.

Le soldat remonta le long de la corde, et plus il s’éloignait, plus il perdait son passé. Il quitta la ville souterraine, marcha sur des chemins invisibles recouverts de gravats, ne rencontra personne.
Puis il arriva à Perekhod, une ville faite de ponts. Elle enjambait entièrement une rivière qui coulait entre des rivages désolés. Il y avait tellement de vie au-dessus de ce torrent, qu’on distinguait à peine les reflets de l’eau. Des maisons, des églises, des marchés étaient érigés sur ces ponts qui se reliaient entre eux.
— Pourquoi ne vivez vous pas sur la terre ? Demanda le soldat.
— Elle est trop vaste pour nous, il y a trop de possibilités. Si nous commençons à aller sur les rivages, nous aurons le choix d’aller ailleurs, plus loin, or nous voulons garder le mystère de la terre, sa sacralité nous protège.

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Après avoir marché quatre jours à-travers des flancs de montagnes, le voyageur n’arriva toujours pas à distinguer de ville. Il continua deux jours de plus sur les coteaux, entre les cols et les marais et aperçut des constructions agglomérées de manière incohérente et disharmonieuse dans le ravin de ce qui semblait être un lac desséché. Il y descendit avec l’une des cordes attachées à des bittes d’amarrage. C’était une ville en forme de puits. Le soleil n’y pénétrait qu’à son zénith, et la nature n’arrivait pas à suivre l’astre. Ces gens sont déjà morts, pensa le voyageur, ils se sont enterrés eux-mêmes.

Les habitants, surpris par la présence d’un étranger, l’entourèrent et le questionnèrent.
— Je viens d’une ville détruite, je suis soldat.
— Alors tu as fait cette guerre. C’est pour cela que nous nous sommes installés ici, nous avons construit cette ville comme une tranchée, toutes les autres n’existent plus. Où vas-tu maintenant ? Demandèrent les survivants.
— Je m’éloigne de Doumka.

Le soldat remonta le long de la corde, et plus il s’éloignait, plus il perdait son passé. Il quitta la ville souterraine, marcha sur des chemins invisibles recouverts de gravats, ne rencontra personne.
Puis il arriva à Perekhod, une ville faite de ponts. Elle enjambait entièrement une rivière qui coulait entre des rivages désolés. Il y avait tellement de vie au-dessus de ce torrent, qu’on distinguait à peine les reflets de l’eau. Des maisons, des églises, des marchés étaient érigés sur ces ponts qui se reliaient entre eux.
— Pourquoi ne vivez vous pas sur la terre ? Demanda le soldat.
— Elle est trop vaste pour nous, il y a trop de possibilités. Si nous commençons à aller sur les rivages, nous aurons le choix d’aller ailleurs, plus loin, or nous voulons garder le mystère de la terre, sa sacralité nous protège.

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