L’ombre de la violence moderne  -   Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou Info

 

La multiplication et l’expansion d’actes terroristes soulèvent avec toujours plus d’acuité des questions auxquelles les réponses sociétales demeurent encore insatisfaisantes. Outre l’émotion, le discours politique ou les déclarations-injonctions sécuritaires, la question du terrorisme persiste à être, à chaque nouvelle situation, une équation en apparence insoluble. Pourquoi cette violence politique renouvelée pose-t-elle tant de difficultés conceptuelles, éthiques et sociales aux dynamiques de résorption ? Comment se peut-il qu’après tant d’années, durant lesquelles cette même thématique du « terrorisme » ait dominé tous les agendas et fora internationaux, le monde soit encore et toujours désemparé face à chaque nouvelle manifestation : le 11 Septembre, Madrid, Londres, Bali, Mumbai, Oslo, Nairobi, Raqqa, Sydney et, aujourd’hui, Paris ?

Différentes réponses peuvent être apportées à cette question, notamment en ce qui concerne sa dimension historique. L’amnésie à l’égard de la longue histoire du terrorisme dont le monde a fait preuve ces dernières années et qui lui aura souvent fait voir seul, le terrorisme islamiste et uniquement celui d’Al Qaida ou l’État Islamique (EI), a masqué l’avènement de nouvelles formes de violences politiques qui se donnent la main de loin en loin.

La décennie qui s’est achevée restera comme une phase conséquente de cette histoire, tant pour la prégnance de la « guerre contre le terrorisme » que pour trois évolutions : l’apparition du premier groupe terroriste transnational ; la remilitarisation des termes de l’échange international par laquelle le terrorisme adopte des formes hybrides à mi-chemin entre criminalité et insurrection ; et la mondialisation qui voit des individus isolés décliner leur auto-radicalisation sur le mode terroriste.

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La multiplication et l’expansion d’actes terroristes soulèvent avec toujours plus d’acuité des questions auxquelles les réponses sociétales demeurent encore insatisfaisantes. Outre l’émotion, le discours politique ou les déclarations-injonctions sécuritaires, la question du terrorisme persiste à être, à chaque nouvelle situation, une équation en apparence insoluble. Pourquoi cette violence politique renouvelée pose-t-elle tant de difficultés conceptuelles, éthiques et sociales aux dynamiques de résorption ? Comment se peut-il qu’après tant d’années, durant lesquelles cette même thématique du « terrorisme » ait dominé tous les agendas et fora internationaux, le monde soit encore et toujours désemparé face à chaque nouvelle manifestation : le 11 Septembre, Madrid, Londres, Bali, Mumbai, Oslo, Nairobi, Raqqa, Sydney et, aujourd’hui, Paris ?

Différentes réponses peuvent être apportées à cette question, notamment en ce qui concerne sa dimension historique. L’amnésie à l’égard de la longue histoire du terrorisme dont le monde a fait preuve ces dernières années et qui lui aura souvent fait voir seul, le terrorisme islamiste et uniquement celui d’Al Qaida ou l’État Islamique (EI), a masqué l’avènement de nouvelles formes de violences politiques qui se donnent la main de loin en loin.

La décennie qui s’est achevée restera comme une phase conséquente de cette histoire, tant pour la prégnance de la « guerre contre le terrorisme » que pour trois évolutions : l’apparition du premier groupe terroriste transnational ; la remilitarisation des termes de l’échange international par laquelle le terrorisme adopte des formes hybrides à mi-chemin entre criminalité et insurrection ; et la mondialisation qui voit des individus isolés décliner leur auto-radicalisation sur le mode terroriste.

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