Le lapin bleu de petit paul (2/20)  -   Martine Papiernik Info

 

Depuis la veille, Odette a eu le temps de se calmer. La curiosité l’emporte sur la rage qui l’a tenue éveillée une partie de la nuit. Elle pensait en avoir fini avec les sentiments violents qui l’avaient assaillie au cours de l’année qui a suivi le départ d’Irène. Sa réaction, hier, lorsque celle-ci est apparue, lui a montré que son équilibre restait précaire. Lorsque le réveil sonne, à la même heure que d’habitude, elle reste un moment dans son lit. Doit-elle rester chez elle, et ne plus retourner dans son « Belvédère » tant qu’Irène est à Paris ? Et si celle-ci a décidé de rester et de ne pas retourner à New York, comment le saura-t-elle ? Il n’y a plus personne à qui elle peut demander ce qui se passe au laboratoire. Il n’y a d’ailleurs personne a qui elle puisse demander quelque chose.

Elle ne peut compter que sur elle-même. Une douleur vrille son ventre, elle retient sa respiration. C’est ce que le docteur Cruise lui a dit de faire. « Inspirez profondément. Bloquez votre diaphragme. Puis soufflez. C’est simple, efficace ». Odette n’est pas dupe. Elle sait que le docteur Cruise ne veut pas lui prescrire de sédatifs, mais elle va la voir quand même, juste pour parler. Elle ne lui dit pas la vérité, mais lance quelques bribes de son existence solitaire. Récemment, elle lui a dit qu’elle avait trouvé un nouveau travail pour quelques heures par semaine. C’était ce que le médecin lui conseillait depuis longtemps, la voyant triste et abattue. « Je fais de la veille scientifique, lui a expliqué Odette ». Ce n’est pas faux, bien sûr : Chaque matin, depuis la fenêtre de son « belvédère », elle veille. Le docteur Cruise s’est inquiétée de savoir si son travail l’obligerait à rester enfermée chez elle devant un ordinateur. Comme Odette expliquait qu’elle devrait sortir et aller souvent à la bibliothèque de l’institut Pasteur, le docteur l’a félicitée, et Odette a souri, comme un enfant.

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Depuis la veille, Odette a eu le temps de se calmer. La curiosité l’emporte sur la rage qui l’a tenue éveillée une partie de la nuit. Elle pensait en avoir fini avec les sentiments violents qui l’avaient assaillie au cours de l’année qui a suivi le départ d’Irène. Sa réaction, hier, lorsque celle-ci est apparue, lui a montré que son équilibre restait précaire. Lorsque le réveil sonne, à la même heure que d’habitude, elle reste un moment dans son lit. Doit-elle rester chez elle, et ne plus retourner dans son « Belvédère » tant qu’Irène est à Paris ? Et si celle-ci a décidé de rester et de ne pas retourner à New York, comment le saura-t-elle ? Il n’y a plus personne à qui elle peut demander ce qui se passe au laboratoire. Il n’y a d’ailleurs personne a qui elle puisse demander quelque chose.

Elle ne peut compter que sur elle-même. Une douleur vrille son ventre, elle retient sa respiration. C’est ce que le docteur Cruise lui a dit de faire. « Inspirez profondément. Bloquez votre diaphragme. Puis soufflez. C’est simple, efficace ». Odette n’est pas dupe. Elle sait que le docteur Cruise ne veut pas lui prescrire de sédatifs, mais elle va la voir quand même, juste pour parler. Elle ne lui dit pas la vérité, mais lance quelques bribes de son existence solitaire. Récemment, elle lui a dit qu’elle avait trouvé un nouveau travail pour quelques heures par semaine. C’était ce que le médecin lui conseillait depuis longtemps, la voyant triste et abattue. « Je fais de la veille scientifique, lui a expliqué Odette ». Ce n’est pas faux, bien sûr : Chaque matin, depuis la fenêtre de son « belvédère », elle veille. Le docteur Cruise s’est inquiétée de savoir si son travail l’obligerait à rester enfermée chez elle devant un ordinateur. Comme Odette expliquait qu’elle devrait sortir et aller souvent à la bibliothèque de l’institut Pasteur, le docteur l’a félicitée, et Odette a souri, comme un enfant.

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