De si beaux yeux  -   Samir Bendahmane Info

 

L’inspecteur Omar tentait tant bien que mal de comprendre ce que lui disaient ces hommes et ces femmes. Leurs propos étaient incompréhensibles. Tour à tour, ils gémissaient, puis ils hurlaient d’une douleur incommensurable, douleur malsaine et terrifiante. Pourquoi une chose aussi horrible s’était-elle abattue sur cette famille sans histoire ? Aujourd’hui pourtant devait être un jour de fête, c’était avant le drame. Lui, qui pensait avoir tout vu dans sa fichue carrière, frissonnait d’horreur à la vue de ce trou béant.

L’homme avait dressé la table avec beaucoup d’attention. La nappe était d’un blanc immaculé. Les couverts d’un gris tranchant et métallique étaient neufs. Il alluma le chandelier.
— Voilà, c’est parfait ! Tu sais, je nous fais un plat digne des plus grands restaurants parisiens. 
Il continua :
— Aujourd’hui est un jour spécial, c’est le plus beau jour de notre vie.
Il arrangea les chaises, puis lança :
— Tu m’excuseras, je vais voir si c’est prêt !
L’homme s’en alla vers la cuisine en fredonnant un air inconnu. Le couloir et la cuisine étaient plongés dans une pénombre obscure. La pièce était sombre. En fait, toute la maison était plongée dans les ténèbres.

La voiture de police se dirigeait vers la ville, direction le commissariat central. Ses quatre occupants étaient tous silencieux, plongés dans leurs pensées. Les consignes étaient simples : régler cette sordide affaire au plus vite, avant qu’elle s’ébruite. Peine perdue, pensa l’inspecteur, surtout dans une petite ville comme Tlemcen où tout se savait très vite. Pourtant, le grand patron y tenait. Il s’était déplacé en personne, fortement ébranlé et choqué par ce qu’il avait vu et entendu. Il n’arrivait pas à croire que cela puisse arriver dans sa ville, Tlemcen la prestigieuse, Tlemcen l’éternelle.
— Réglez cette affaire au plus vite ou des têtes tomberont… La vôtre en l’occurrence, avait-il dit.

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L’inspecteur Omar tentait tant bien que mal de comprendre ce que lui disaient ces hommes et ces femmes. Leurs propos étaient incompréhensibles. Tour à tour, ils gémissaient, puis ils hurlaient d’une douleur incommensurable, douleur malsaine et terrifiante. Pourquoi une chose aussi horrible s’était-elle abattue sur cette famille sans histoire ? Aujourd’hui pourtant devait être un jour de fête, c’était avant le drame. Lui, qui pensait avoir tout vu dans sa fichue carrière, frissonnait d’horreur à la vue de ce trou béant.

L’homme avait dressé la table avec beaucoup d’attention. La nappe était d’un blanc immaculé. Les couverts d’un gris tranchant et métallique étaient neufs. Il alluma le chandelier.
— Voilà, c’est parfait ! Tu sais, je nous fais un plat digne des plus grands restaurants parisiens. 
Il continua :
— Aujourd’hui est un jour spécial, c’est le plus beau jour de notre vie.
Il arrangea les chaises, puis lança :
— Tu m’excuseras, je vais voir si c’est prêt !
L’homme s’en alla vers la cuisine en fredonnant un air inconnu. Le couloir et la cuisine étaient plongés dans une pénombre obscure. La pièce était sombre. En fait, toute la maison était plongée dans les ténèbres.

La voiture de police se dirigeait vers la ville, direction le commissariat central. Ses quatre occupants étaient tous silencieux, plongés dans leurs pensées. Les consignes étaient simples : régler cette sordide affaire au plus vite, avant qu’elle s’ébruite. Peine perdue, pensa l’inspecteur, surtout dans une petite ville comme Tlemcen où tout se savait très vite. Pourtant, le grand patron y tenait. Il s’était déplacé en personne, fortement ébranlé et choqué par ce qu’il avait vu et entendu. Il n’arrivait pas à croire que cela puisse arriver dans sa ville, Tlemcen la prestigieuse, Tlemcen l’éternelle.
— Réglez cette affaire au plus vite ou des têtes tomberont… La vôtre en l’occurrence, avait-il dit.

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