Le vieil homme et le djinn  -   Samir Bendahmane Info

 

Le vieil homme monta péniblement la pente qui menait à son atelier, sa jambe droite lui faisait horriblement mal, signe que la nuit allait être froide, il le savait.

Il repensa à l’accident qu’il avait eu enfant en tombant du toit. La pauvreté de ses parents ne permit pas de soigner cette jambe, et ce handicap allait le suivre jusqu’à la fin de ses jours. La canne fut donc sa compagne très tôt dans la vie, tour à tour appui pour rester en équilibre, arme lorsque les jeunes de son âge le raillaient et le blessaient. Il s’était fait à l’idée que plus jamais il n’aurait cette sensation de puissance que l’on ressent lorsque l’on court de toutes ses forces dans un champ de blé à l’aide du vent qui nous porte, que l’on emporte avec soi et qui nous emporte, et le cœur battant qui cogne sur nos tempes, signe de vie. Son monde allait devenir, pour toujours, celui de la lenteur et de l’observation. Sa faiblesse apprivoisée devint une force qui lui permit de réaliser de grandes choses. Héros de guerre, père de dix enfants, enseignant, érudit, il était connu et reconnu par ses pairs comme un savant et un sage, un homme admiré et craint. Craint, car une aura de mystère planait sur lui.

L’homme entra dans son atelier, une vieille grange que lui avait léguée son père sur les hauteurs de Tlemcen, non loin du cimetière de Sidi Tahar où se trouvaient tous ses ancêtres, loin de la ville et de son vacarme, un lieu en accord avec la nature, avec sa nature. La grange, ou plutôt l’atelier, avait pour seuls meubles une table sur laquelle étaient posés une lampe à huile, des feuilles et un stylo, et un petit lit. Une immense bibliothèque où trônait une centaine de livres, aux sujets aussi différents qu’éclectiques, habillait le reste de la pièce.

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Le vieil homme monta péniblement la pente qui menait à son atelier, sa jambe droite lui faisait horriblement mal, signe que la nuit allait être froide, il le savait.

Il repensa à l’accident qu’il avait eu enfant en tombant du toit. La pauvreté de ses parents ne permit pas de soigner cette jambe, et ce handicap allait le suivre jusqu’à la fin de ses jours. La canne fut donc sa compagne très tôt dans la vie, tour à tour appui pour rester en équilibre, arme lorsque les jeunes de son âge le raillaient et le blessaient. Il s’était fait à l’idée que plus jamais il n’aurait cette sensation de puissance que l’on ressent lorsque l’on court de toutes ses forces dans un champ de blé à l’aide du vent qui nous porte, que l’on emporte avec soi et qui nous emporte, et le cœur battant qui cogne sur nos tempes, signe de vie. Son monde allait devenir, pour toujours, celui de la lenteur et de l’observation. Sa faiblesse apprivoisée devint une force qui lui permit de réaliser de grandes choses. Héros de guerre, père de dix enfants, enseignant, érudit, il était connu et reconnu par ses pairs comme un savant et un sage, un homme admiré et craint. Craint, car une aura de mystère planait sur lui.

L’homme entra dans son atelier, une vieille grange que lui avait léguée son père sur les hauteurs de Tlemcen, non loin du cimetière de Sidi Tahar où se trouvaient tous ses ancêtres, loin de la ville et de son vacarme, un lieu en accord avec la nature, avec sa nature. La grange, ou plutôt l’atelier, avait pour seuls meubles une table sur laquelle étaient posés une lampe à huile, des feuilles et un stylo, et un petit lit. Une immense bibliothèque où trônait une centaine de livres, aux sujets aussi différents qu’éclectiques, habillait le reste de la pièce.

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