Beb Jahanem, la porte de l’enfer  -   Samir Bendahmane Info

 

— Tlemcen ! Tlemcen ! Terminus, tout le monde descend, les correspondances pour les autres destinations seront affichées dans le hall de la gare routière… Tlemcen, Tlemcen, tout le monde descend !

Tous les passagers sortirent lentement du car, les uns prenant leurs sacs, les autres leurs baluchons, certains sortaient juste des bras de Morphée. Le voyage avait été long, il avait commencé à Annaba, à l’est du pays. Entre les deux villes, des dizaines de villages et de hameaux qui seraient tombés dans l’oubli sans cette ligne pour les relier. Deux jeunes hommes sortirent avec leur sac sur le dos. Ils étaient comme les autres, épuisés, d’autant qu’ils sillonnaient leur pays depuis un mois. Ils avaient commencé leur périple à Tlemcen, puis étaient descendus au sud, à Béchar, direction le grand désert algérien et plus précisément le Hoggar. Ils étaient remontés par la suite à Ghardaïa, pour finir sur la côte, vers les plages de Jijel, faisant un petit détour sur les sommets enneigés de la Kabylie, et enfin la capitale, Alger. Ils n’étaient, aujourd’hui, plus très loin de leur ville natale, Maghnia.

— Ça va, Kada, pas trop fatigué ? lança Selim.
— Non, ça va.
— Il est quelle heure, dis-moi ?
Kada regarda sa montre, deux heures du matin.

Selim fronça les sourcils :
— Il est trop tard pour Maghnia, plus de car. Quant au taxi, n’en parlons plus.
— Tu en es sûr ? Et les clandestins ?

Selim regarda son frère :
— Je ne sais pas. T’as déjà vu un clan prendre deux gaillards à deux heures du mat’ pour se taper soixante bornes ? T’as vu nos têtes ?
— C’est vrai que tu as une gueule à faire peur !
— Tu ne t’es pas vu ! Non, plus sérieusement, regarde autour de toi, il n’y a pas âme qui vive.

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— Tlemcen ! Tlemcen ! Terminus, tout le monde descend, les correspondances pour les autres destinations seront affichées dans le hall de la gare routière… Tlemcen, Tlemcen, tout le monde descend !

Tous les passagers sortirent lentement du car, les uns prenant leurs sacs, les autres leurs baluchons, certains sortaient juste des bras de Morphée. Le voyage avait été long, il avait commencé à Annaba, à l’est du pays. Entre les deux villes, des dizaines de villages et de hameaux qui seraient tombés dans l’oubli sans cette ligne pour les relier. Deux jeunes hommes sortirent avec leur sac sur le dos. Ils étaient comme les autres, épuisés, d’autant qu’ils sillonnaient leur pays depuis un mois. Ils avaient commencé leur périple à Tlemcen, puis étaient descendus au sud, à Béchar, direction le grand désert algérien et plus précisément le Hoggar. Ils étaient remontés par la suite à Ghardaïa, pour finir sur la côte, vers les plages de Jijel, faisant un petit détour sur les sommets enneigés de la Kabylie, et enfin la capitale, Alger. Ils n’étaient, aujourd’hui, plus très loin de leur ville natale, Maghnia.

— Ça va, Kada, pas trop fatigué ? lança Selim.
— Non, ça va.
— Il est quelle heure, dis-moi ?
Kada regarda sa montre, deux heures du matin.

Selim fronça les sourcils :
— Il est trop tard pour Maghnia, plus de car. Quant au taxi, n’en parlons plus.
— Tu en es sûr ? Et les clandestins ?

Selim regarda son frère :
— Je ne sais pas. T’as déjà vu un clan prendre deux gaillards à deux heures du mat’ pour se taper soixante bornes ? T’as vu nos têtes ?
— C’est vrai que tu as une gueule à faire peur !
— Tu ne t’es pas vu ! Non, plus sérieusement, regarde autour de toi, il n’y a pas âme qui vive.

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