Du vent dans les toiles  -   Emmanuelle Cart-Tanneur Info

 

Cette nouvelle a reçu le 2ème prix au concours de l’Encrier Indiscipliné, (Martigues), 2011. Elle fait partie d’un recueil papier que l’on peut acheter sur le site (commander dans la barre d’action) ou au format électronique sur la Fnac ou Amazon (Et dans ses veines coulait la sève).

— -

Je ne m’étais jamais demandé pourquoi on donnait des noms de femmes aux tempêtes.

Aujourd’hui, j’en ai une idée assez personnelle.

Malia a changé ma vie en la traversant et Dieu sait pourtant si j’y pensais les choses tracées et la direction rectiligne, et en sens unique : simplement droit devant, jusqu’à la mort.

Je n’allais pas très bien en ce temps-là, mais je n’étais pas certain de pouvoir imputer mon mal-être à quoi que ce soit de particulier : Sophie m’avait quitté, certes, mais je n’avais vu dans sa décision que la suite logique de l’évolution de notre relation, vouée à l’échec depuis le début – je m’étais même étonné qu’elle ait tenu si longtemps.

Côté boulot, j’avais accumulé les intérims faute de mieux, en attendant une utopique opportunité. Enfin, le nombre de mes amis s’était réduit comme peau de chagrin selon la même courbe descendante que celle de mes revenus – on est mauvais convive quand la tournée générale n’est plus jamais pour soi.

Étrangement, je ne me révoltais pas contre cette situation délétère, car j’estimais quelque part que tel était mon destin, ou peut-être même que j’y étais pour quelque chose.

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Cette nouvelle a reçu le 2ème prix au concours de l’Encrier Indiscipliné, (Martigues), 2011. Elle fait partie d’un recueil papier que l’on peut acheter sur le site (commander dans la barre d’action) ou au format électronique sur la Fnac ou Amazon (Et dans ses veines coulait la sève).

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Je ne m’étais jamais demandé pourquoi on donnait des noms de femmes aux tempêtes.

Aujourd’hui, j’en ai une idée assez personnelle.

Malia a changé ma vie en la traversant et Dieu sait pourtant si j’y pensais les choses tracées et la direction rectiligne, et en sens unique : simplement droit devant, jusqu’à la mort.

Je n’allais pas très bien en ce temps-là, mais je n’étais pas certain de pouvoir imputer mon mal-être à quoi que ce soit de particulier : Sophie m’avait quitté, certes, mais je n’avais vu dans sa décision que la suite logique de l’évolution de notre relation, vouée à l’échec depuis le début – je m’étais même étonné qu’elle ait tenu si longtemps.

Côté boulot, j’avais accumulé les intérims faute de mieux, en attendant une utopique opportunité. Enfin, le nombre de mes amis s’était réduit comme peau de chagrin selon la même courbe descendante que celle de mes revenus – on est mauvais convive quand la tournée générale n’est plus jamais pour soi.

Étrangement, je ne me révoltais pas contre cette situation délétère, car j’estimais quelque part que tel était mon destin, ou peut-être même que j’y étais pour quelque chose.

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